Niwi

 

Je connais Véronique depuis plus de 30 ans, je viens de découvrir Niwi. Pourquoi une telle discrétion ?
Niwi est un pseudo, la discrétion est donc sa raison d’être. Internet est une jungle et pour moi, l’utilisation d’un pseudonyme y est indispensable. A l’usage il est devenu ma signature pour mes collages numériques. Je tiens à ajouter ici qu’ils ne sont pas réalisés dans un but commercial, ils ne sont pas à vendre. C’est un loisir, une détente. Certains tricotent, d’autres résolvent des Sudokus...

 

Depuis combien de temps pratiques-tu l'art du collage numérique ? Qu'est-ce qui t'a conquise dans cette pratique ?
Difficile à évaluer. Disons 25 ans. J’ai commencé à créer des lieux ou des histoires dans lesquels j’aurais eu envie de me trouver, m’évader. Mais je ne dessine pas très bien, alors l’idée m’est venue de réaliser des scènes ou des paysages en les fabriquant à partir de morceaux d’images déjà existantes. Tu sais, on faisait ça parfois petits, avec des magazines, des ciseaux, de la colle… C’est comme ça que ça a commencé, laborieusement avec l’application Paint qui n’offrait pas beaucoup d’outils à l’époque.

 

Quelles techniques utilises-tu ?
Un jour, à la recherche d’images utilisables sur le Net, je suis tombée sur le site Polyvore, qui proposait à ses membres une vaste bibliothèque d’images et un outil d’édition facile à utiliser. L’inscription était gratuite, mais la bibliothèque d’images était majoritairement alimentée par des entreprises commerciales très axées sur la mode. Les images qu’ils proposaient, si on les cliquait, étaient reliées au site marchand. La mode n’étant pas vraiment mon truc, ni les achats en ligne, j’ai erré un peu sur le site et j’ai fini par rencontrer quelques membres qui détournaient ces images pour faire des compositions artistiques en les complétant d’éléments personnels qu’ils téléchargeaient. Des groupes se sont formés et l’émulation a fait le reste. J’avais mis mon doigt dans un engrenage très addictif, relaxant, qui pouvait vite faire perdre la notion du temps.
Ma famille m’a alors offert une application de dessin pour me permettre de créer des éléments de collage de plus en plus élaborés, pour agrémenter mes compositions sur Polyvore. A l’époque, c’était « Corel ». J’aime utiliser des images à fond transparent pour avoir un rendu net, mais aussi les contours adoucis qui peuvent s’intégrer dans une composition plus chargée. Cet outil a changé ma vie… et m’a accaparée de longues heures.
Polyvore a existé pendant une dizaine d’années puis a fermé. Par chance, nous avons pu récupérer les fichiers de toutes nos compositions publiées sur leur site.
Depuis j’ai rejoint mes amis de Polyvore et leurs groupes artistiques sur un site similaire, où je publie un peu, mais beaucoup moins.

 

Quelles sont tes sources d'inspiration ?
Elles sont variées et peuvent aller de l’humeur du jour face à l’actualité, à l’atmosphère du dernier roman lu, en passant par les concours organisés par les groupes artistiques sur des thèmes imposés. Ces concours sont intéressants car ils t’obligent à explorer des directions dans lesquelles tu ne serais jamais allé de toi-même. Comme « AURORA » par exemple dans le diaporama : il s’agissait de réaliser une composition à partir de la photo de la sculpture « Aurore », de Denys Puech. Avant le concours, je ne connaissais pas ce sculpteur.

 

Que cherches-tu à exprimer à travers tes œuvres ?
Principalement une évasion mais pas seulement. Mon imagination est très visuelle et pour quelqu’un qui dessine mal, c’est frustrant. Le collage digital m’a permis de créer des paysages, des personnages, des histoires, que je n’aurais jamais pu matérialiser autrement. Je le pratique beaucoup moins à présent. Le temps n’est pas extensible même si certains affirment qu’il est relatif, et j’ai envie d’explorer d’autres moyens d’expression.


Les créations de Niwi

 



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